De l’émeute à l’épuisement, expériences de l’extrême en politique

La démonstration bruyante de l’émeute et la protestation silencieuse de l’épuisement constituent les deux faces d’une même contestation face à la brutalité du monde.

La question des émotions fait désormais partie des critères d’analyse des contestations sociales et politiques. C’est cette question, jusqu’alors assez inédite dans l’étude des mouvements sociaux, qui sous-tend les travaux de Romain Huët depuis plusieurs années.

Ainsi, dans Le vertige de l’émeute, c’est l’expérience charnelle du politique qui prend corps dans la rébellion. Dans De si violentes fatigues, c’est l’effondrement individuel qui se fait à son tour politique, en forme de protestation « machinale » contre la brutalité du monde commun.

D’un côté, donc, Le vertige de l’émeute: de la Zad aux Gilets jaunes : Qu’est-ce que la violence émeutière ? Fascinante, inquiétante, elle accompagne depuis quelques années de nombreuses manifestations. À partir d’une immersion au sein des cortèges de tête entre 2012 et 2019 (Zad de Notre-Dame-Des-Landes, Loi Travail, Parcoursup, Gilets jaunes), Romain Huët saisit la dimension sensible de la violence et interroge ce geste politique aussi singulier qu’unanimement désapprouvé, entre simulacre, jeu et agressivité domestiquée. Comment se vit corporellement l’émeute ? Pourquoi suscite-t-elle chez ses participants d’aussi puissants affects : peurs, joies, ivresses, vertige ? En affichant son absurdité, l’émeute, envisagée comme une expérience charnelle du politique, témoigne à sa façon de notre monde commun.

De l’autre, De si violentes fatigues, les devenirs politiques de l’épuisement quotidienQue sait-on de la souffrance ordinaire, de l’épuisement quotidien et de ses conséquences politiques ? À partir d’une ethnographie réalisée au sein d’une association de prévention contre le suicide, ce livre plonge dans la vie de milliers de personnages ordinaires qui expriment leur renoncement à la vie et les causes de leur souffrance. Il éclaire aussi les raisons des colères sourdes, des indignations et des attentes existentielles déçues. On comprend alors la nécessité politique de l’attachement aux figures du sujet fatigué, de l’humilié et de l’angoissé. Car il s’agit bien là de sujets « explosifs », c’est-à-dire de personnes capables d’interpeller la société, tant pour en révéler la brutalité que pour réfléchir aux conséquences de sa fréquente inanité.

Source: https://www.lyon.fr/evenement/conference/de-lemeute-lepuisement-experiences-de-lextreme-en-politique

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